Le carrelage froid des vestiaires me glace les pieds nus. Ma séance de crossfit vient de s’achever, mon corps pulse encore, muscles en feu, sueur coulant le long de mon dos. L’air est lourd, chargé d’humidité, mélange d’efforts et de douches lointaines. Bruits de casiers qui claquent au fond, échos de rires étouffés. Je suis Anonyme, la nana que tous matent pendant les squats, mais que personne n’attrape. Sauf lui. Gufti Shank. Il sort de la salle, torse luisant, short tendu sur ses cuisses puissantes. Nos regards se croisent dans le miroir embué. Électrique. Il sait. Je sais. Mon cœur cogne plus fort que pendant les burpees. Je passe une serviette sur mes épaules, feignant l’indifférence. Il s’approche, souffle court, odeur masculine de sueur propre qui m’enivre. “Anonyme, t’as cartonné aujourd’hui.” Sa voix rauque, basse. Je souris, malicieuse, essuyant mes seins gonflés sous le soutif trempé. Le vestiaire se vide doucement, derniers claques de métal. On reste. Tension palpable. Il pose son sac près du mien, nos bras se frôlent. Chaleur. Je sens mon entrejambe palpiter, humide déjà, pas que de sueur. “Viens par là,” murmure-t-il, m’entraînant vers les douches isolées, porte entrebâillée. Rideau tiré à moitié. L’ombre nous avale. L’eau goutte encore d’une pommeau oublié, sol glissant. On est seuls. Ses mains sur mes hanches, il me plaque contre le mur carrelé. Froid contre mon dos brûlant. Nos souffles se mêlent, haletants.

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