Le vestiaire du club de Landernau pue la sueur fraîche et l’humidité bretonne. Je sors de la salle, jambes lourdes, cœur qui cogne encore comme un marteau. jeudi soir, nos virées folles. Paul m’attend déjà, son regard de prédateur depuis les vélos elliptiques. Pendant l’effort, nos yeux se croisent dans le miroir embué. Tension électrique. Mes cuisses brûlent, ma peau luit. Il sait. Je sais. On joue le jeu des espaces communs : un clin d’œil furtif près des machines, un effleurement ‘accidentel’ au passage. Le bruit des haltères qui tombent, les souffles courts des autres. Mais nous, on vise l’isolement. Les douches au fond, carrelage froid qui colle aux pieds nus. Casiers qui claquent au loin, échos métalliques. L’air lourd d’eau chaude et de chlore. Je pousse la porte vitrée, il suit. Rideau tiré. Seuls.

Mon débardeur colle à mes seins, tétons durs sous le tissu trempé. Il plaque son corps contre le mien, dos au mur carrelé glacé. Sa main sur ma nuque, bouche vorace. ‘T’es en feu, Anonyme.’ Sa voix rauque, encore essoufflée du cardio. Je griffe son torse, odeur de sel et de mâle. Short qui descend d’un coup, sa queue raide jaillit, veinée, prête. Mes doigts l’enserrent, pompant fort. Il grogne, me soulève une jambe. Chatte trempée, lèvres gonflées par l’adrénaline. Pas de capote, brut. Il enfonce d’un trait, me remplissant. Cri étouffé contre son épaule. Carrelage qui mord mon dos, jet d’eau tiède qui ruisselle. On baise comme des bêtes. Hanches qui claquent, sueur qui goutte. ‘Plus fort, Paul, déchire-moi.’ Il obéit, me pilonne, mes ongles dans sa chair. Seins qui ballottent, claquements mouillés. L’orgasme monte, décuplé par l’effort passé. Jambes qui tremblent, souffle haché. Il accélère, grogne ‘je te remplis’. Explosion. Sa semence chaude gicle au fond, je convulse, serrée autour de lui. Sensations intenses : chaleur liquide, spasmes, humidité partout.

L’Approche

Le calme revient vite. Souffle qui ralentit, corps luisants. Il se retire, sperme qui coule le long de ma cuisse, mélange sueur et jus. Un baiser rapide, complice. ‘À jeudi prochain.’ Je me rince sous le jet, savon qui mousse sur ma peau rougie. Short enfilé, legging qui moule mes muscles encore chauds. Cheveux noués, pas un mot. Casiers claquent dehors, on sort séparés. Lui vers le parking, moi vers la sortie principale. Comme si rien. Cardio quotidien fini. Landernau dort, nos rides futures en complicité muette. Personne ne possède Anonyme, sauf l’ombre du jeudi.

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