Le carrelage froid mord mes pieds nus. L’air lourd d’humidité colle ma peau, encore brûlante du vélo. On vient de rentrer au club au bord de la Loire, après cette balade folle jusqu’au carrefour de notre première rencontre. Mon genou écorché palpite, ma cuisse saigne un peu sous le short cycliste trempé. Yves m’a ramenée en voiture, Pierre a tenu compagnie le temps qu’il aille chercher les clés. Maintenant, vestiaire des dames, mais désert. Les casiers claquent au loin, échos des mecs qui rangent leur matos. Mon souffle court, poitrine qui monte et descend. Yves m’a suivie, porte refermée derrière nous. ‘Attends, je vais nettoyer ça’, qu’il dit, voix rauque d’effort. Ses yeux glissent sur mes cuisses, là où l’écorce a stoppé le sang. Tension électrique. Je sens son regard comme une caresse. Je m’adosse au casier métallique, froid contre mon dos en feu. Il s’approche, genou à terre, produit antiseptique en main. Ses doigts effleurent ma peau, remontent lentement. Pas de mots. Juste nos souffles syncopés. L’odeur de sueur propre, musquée, nous enveloppe. Humidité partout, gouttes sur les murs carrelés. Un bruit de douche qui coule au bout du couloir. Je défais mon haut, soutif dégoulinant. Seins libres, tétons durs comme cailloux. Il lève les yeux, faim dedans. ‘T’es belle, Anonyme’, murmure-t-il. Je ris bas, attrape sa nuque. Lèvres qui se cherchent, langues voraces. Mains qui glissent sous son maillot, pecs trempés. Son sexe durcit contre ma cuisse blessée. Douleur qui excite. On sait qu’on va pas s’arrêter.
Je le plaque au mur, carrelage glacé contre son torse. Short arraché d’un coup, sa queue jaillit, veinée, prête. ‘Baise-moi fort, Yves, comme après l’effort’, je grogne. Il me soulève, cuisses autour de sa taille. Entrée brutale, un coup de reins qui m’emplit. Cris étouffés. Vestiaire résonne de nos chairs qui claquent. Sueur qui dégouline entre nos ventres, mélange salé. Je griffe son dos, ongles dans la peau. ‘Salope d’Anonyme, t’es à moi là’, halète-t-il. Je mords son épaule, goût de sel. Rythme infernal, adrénaline décuple tout. Mon clito frotte son pubis, plaisir monte comme un sprint final. Genou qui tire, cuisse qui brûle, mais j’en veux plus. Il me plaque sur le banc dur, jambes écartées. Pénètre à fond, mains sur mes seins, pincements violents. ‘Oui, déchire-moi !’ je hurle presque. Odeur de sexe cru, humide, avec la sueur. Casiers vibrent à chaque poussée. Son gland tape au fond, orgasme qui explose. Je jouis en premier, spasmes qui me secouent, jus qui gicle. Il suit, gicle en moi, chaud, abondant. Corps collés, tremblements. Souffle court, cœurs qui cognent comme après 50 bornes.
L’Approche Électrique
Retour au calme. Gouttes d’eau du plafond tombent sur nous. Il se retire doucement, sperme coule le long de ma cuisse, mélange au sang séché. Je ris, essuie d’un doigt, le porte à ma bouche. Goût nous. On se rhabille vite. Short mouillé, soutif enfilé à la va-vite. ‘Personne n’a rien vu’, chuchote-t-il. Je noue mes cheveux, masque la sueur. Miroir embué, je me recoiffe. Porte qui grince ouverte. Bruits du club reprennent : rires, casiers qui claquent. On sort séparés, moi vers le parking, lui par l’autre sortie. Comme si c’était juste mon cardio quotidien. Corps encore vibrant, sourire en coin. Yves m’attend dehors, clin d’œil complice. La séance prolongée, parfaite.