Dix-huit heures sonnent au club de sport. Mon corps pulse encore de l’effort, muscles tendus, peau luisante de sueur fraîche sur épiderme propre. J’ai poussé fort sur les squats, les fentes, le cardio qui fait monter le feu. Souffle court, cœur qui cogne. Dans la salle commune, miroirs partout, nos regards se croisent. Lui, ce collègue de trente-trois ans, petit gabarit athlétique, 1m68 pour 66kg, cheveux bruns, yeux bleus pétillants. On se connaît de vue, échanges complices pendant les séries. Tension électrique. Pluie fine dehors, vestiaires presque vides, bruit des casiers qui claquent au loin. Je lui souris, ce sourire qui le fait fondre. ‘Trop mouillé pour rentrer à pied ?’ je lance, voix rauque d’effort. Il glisse vers moi, on rit. L’air humide colle à nos tenues trempées. Je choisis l’isolement : douches du fond, porte entrebâillée, carrelage froid sous mes baskets. Personne. On y entre, porte claque doucement. Odeur de chlore et sueur brute. Mes yeux dans les siens, challenge. ‘T’as vu comment je t’ai maté sur les pompes ?’ il murmure. Mes hanches ondulent, jean moulant mes rondeurs. Fils de dix-huit ans chez sa copine ce soir, solitude qui appelle le chaos. Main dans la main, on s’approche des bancs métalliques glacés.