Dimanche matin, piscine municipale de Bordeaux. L’eau chlorée me picote encore la peau. J’ai nagé dur, 50 longueurs. Mon corps bronze luit de sueur et d’humidité. Seins lourds, cuisses fermes, chatte encore chaude de l’effort. Je sors du bassin, souffle court. Le carrelage froid colle à mes pieds nus. Au loin, casiers claquent, échos métalliques. Vestiaires femmes presque vides, heure matinale. Mais je sens un regard. Lui, le gamin timide. 19 ans max, cheveux mouillés, corps maigrelet d’étudiant. Il traîne près des douches communes, prétexte de rinçage. Je sais qu’il me mate depuis des semaines, cette petite brune athlétique que je suis. Eliane, infirmière au CHU, mère d’un grand comme lui. Mais là, je suis Anonyme, la sportive qui bande les muscles et les désirs. Nos yeux se croisent dans la vapeur. Tension électrique. Il rougit, détourne le regard. Je m’approche, serviette autour des hanches, seins libres dessous. ‘T’aimes nager ?’ Ma voix rauque, essoufflée. Il bafouille, parle de ses études, librairie. Je ris bas, écarte un peu les cuisses en m’appuyant au mur. Odeur de chlore et de sueur mêlées. Bruits de pas au loin, porte qui grince. Je le tire dans un coin isolé, douches fermées, eau goutte encore. ‘T’es puceau ou quoi ? Viens, on prolonge l’entraînement.’ Ma main frôle son short mouillé. Il tremble, mais bande déjà dur.